Pourquoi mieux réguler?
Vous êtes l'acheteur d'un produit dont vous avez spécifié la
qualité à respecter à l'usine qui vous le fabrique.
Sur le site de production, l'exploitant sait que, pour obtenir
cette qualité spécifiée Qspec, il lui faut maintenir une grandeur
caractéristique (par exemple une température T) à une valeur de
consigne Tc fixe.
Pour ce faire, une régulation de température classique, de type
PID, est opérationnelle.
Que voit l'acheteur ?
L'usine lui confirme que la température demeure constante en
cours de fabrication de son produit puisque cette température est
régulée.
Lui même fait vérifier par des prélèvements sur le produit livré
que la qualité mesurée est correcte.
Que recherche le producteur ?
Fabriquer au moindre coût pour accroître ses bénéfices tout en
respectant la qualité du produit livré afin de conserver son client
dans un domaine concurrentiel.
Comment atteindre cet objectif de façon simple ?
Contrairement à ce que l'on peut imaginer, ce n'est pas parce que
la température est régulée qu'elle demeure constante tout au long de
la fabrication. Un relevé temporel donnera par exemple les résultats
de la figure ci-après pour une consigne de température égale à
54°C.
Autrement dit, en venant à intervalles de temps réguliers au
cours de la fabrication, il aura été relevé 4 fois une température
comprise entre 47.5°C et 48.5°C, 8 fois une température comprise
entre 48.5°C et 49.5°C, etc.
Ce tracé (cette distribution de points représentatifs) peut être
caractérisé par son écart type sigma.
Pour une valeur moyenne de l’ordre de 54°C, l’écart type
correspond graphiquement à l’écart de température qui englobe
environ 34% des points de fonctionnement (partie hachurée du
schéma).
Optimiser les réglages des paramètres du régulateur permet de
mieux maîtriser le comportement dynamique de cette température donc
de la maintenir plus proche de sa valeur de consigne. L’écart type
correspondant est plus faible.
Il est à remarquer que cette opération n’entraîne aucun gain
financier immédiat.
Mais, comme la température varie moins en cours de fabrication du
produit, la qualité est, elle même, plus constante.
De plus, comme dans la situation initiale, il était admis d’avoir
pendant par exemple 2% du temps des produits hors spécification, si
le respect de cette contrainte demeure, il est alors possible de
déplacer le point de fonctionnement du procédé de fabrication c’est
à dire de modifier la consigne de température de telle sorte que sa
valeur moyenne passe de Tc (54°C) à Tcopt (49.8°C par exemple sur la
figure).
C’est ce déplacement qui va engendrer les gains.
En
effet, la fonction coût n’est pas linéaire. Les coûts associés aux
fabrications sans et avec optimisation permettent de dégager le gain
représenté sur l’axe des y de la figure.
Il est aisé de comprendre que, plus le procédé varie autour de
son point de fonctionnement, plus pour respecter la contrainte de
spécification il faut faire de la " sur qualité ", ce qui
accroît les coûts.
Mieux maîtriser cette évolution, c’est s’assurer de ne faire que
la sur qualité strictement indispensable pour respecter la
contrainte.